Du sang dans la terre

paru le 8 avril 2013

Enregistré en octobre 2012

au Boss Hog Studio, Ham-en-Artois

Invités

Vincent Levesque – Cello (2, 3 & 10)

Quentin Auvray – Accordéon (4)

Ernestine Bluteau – Piano (7).

Arrangements : Stéphane Jégo

Visuel : Olivier Bob Boullenger

1. Je Mens

Dans la cour de recré’ j’ai toujours entendu des histoires à rêver des histoires en veux tu? Des bobards Malabar des « Je t’aime. » à outrance les histoires Carambar m’ont donné de l’assurance J’avais cinq six éléphants et quelques dromadaires mais c’est pas pour autant que j’étais le roi de la grammaire Je suis le roi des tocards sur mon bulletin scolaire faut le croire pour le voir je leur ai fait à l’envers car moi Je mens tant Sol vit dans Je m’entends Non mais si Et mon ciment D’un seul coup la musique est passée dans mes mains avec du temps de la pratique j’ai mordillé son sein Les mensonges c’est fini c’est l’heure de vérité avec le temps j’ai compris qu’on était ce qu’on était J’ai jamais rien volé de la gloire de mon père et j’ai jamais rien volé de l’amour de ma mère J’ai toujours envoyé sans aucune concession J’ai toujours ramassé du chiendent à foison car moi Je mens tant Sol vit dans Je m’entends Non mais si Et mon ciment c’est ma vie Je m’entends m’ensevelis dans mes sentiments j’ai menti Je m’entends mais non mais si Et mon ciment tant que c’est ma vie Et moi je m’entends mais non mais si Et mon ciment tant que c’est la vie Car moi je mens

2. BV-041-RA

3. Mise à mort

Mise à mort de ma gueule et de mes chicos pourris Y a que mon corps qu’est aveugle et mes bras insoumis Mise à mort de mes nuits ma dépouille mon naufrage Il faut que je sorte de ma vie que je trouve un pont d’amarrage Mise à mort de l’amour et des rêves atrophiés Il faut vite couper court s’en aller s’arracher Mise à mort du bonheur vive la démagogie Toi t’es toujours à l’heure et ta vie c’est pourri
Mise à mort de nos peurs qui ne font qu’octroyer Que le courage est une fleur et que nos fleurs sont fanées Mise à mort des amis qui fanfaronnent comme des rois Mais quand tu tombes de ton nid prends tes ailes démerde toi
Mise à mort des principes et des qu’en dira-t-on Les corbeaux je les évite en creusant mon sillon Mise à mort de ma thèse où les joies les utopies Feraient couler dans la sève un espoir infini
Mise à mort de mes mots et l’errance de mes actes C’est dans ma chair dans ma peau il y a un trou dans mon sac Mise à mort de ces gens qui ont peur de crever qui attendent gentiment Jésus christ arriver Mise à mort de la mort quand t’es né c’est fini quand
c’est fini t’es mort Alors mords dans la vie Je mise à mort, je mise à tort.

4. L'avant dernière semaine

Confessez nous dans un jardin Entre des moines des peupliers Dans
un silence à faire chanter L’écume des corps et la marée Confessez tout dans un sourire L’échine l’écorce sans dire un mot Ce qu’on fait de nous dans un soupir Descendre en bas de plus en plus
haut Et ça cogne et ça cogne Y a du sang dans la terre Et ça cogne et ça cogne Sortir de l’eau prendre un peu d’air Dans les corbières Sur les coteaux Et dans la terre Dans les roseaux Dans la rivière Ressortez tout de votre sac Mettez des mots sur vos chantiers Reformez vous vous êtes en flaque À corps perdu dans la cordée
Et ça cogne et ça cogne De l’ombre à la lumière Et ça cogne et ça cogne De l’occitan et du calcaire Et ça cogne et ça cogne Y a du sang dans la terre Grâce aux coteaux grâce à la terre Il coule de l’eau dans la rivière Dans les corbières Sortir de l’eau prendre un peu d’air

5. Arrache tes yeux

Arrache tes yeux Arrache tes dents
Arrache tes cheveux et ton labeur Cœur d’artisan Gants de velours
lourdés pourtant Tant et tant pour
C’est des instants au creux de nos vies C’est des petites gens c’est des
amis Ami d’un soir Soir de plaisir
Tiens dans le miroir y’a mon sourire
Car quand je chante c’est que je rigole
Des joies fugaces des imprévus Des moments de classe inaperçus La
décadence danse dans les corps Cor et encore jamais voulu C’est
l’éclectisme du bonheur Auréolé de toutes nos pleurs Pleurs dans ta vie
Viscéralement C’est l’utopie des bras ballants Car quand je chante et quand je rigole C’est que j’me sens bien là dans ma peau Je fabrique des mots à mon puzzle la tour de Pise du mikado
Chante comme un coq Et roule ta bille
Vis ton époque Sors d’ta coquille
C’est marée basse sur le passé C’est pas à pas ta vérité T’es revenu Nu comme un vers Vert comme les yeux Les yeux de la Terre Début de la fin Fin de la jachère
Ma chère Mathilde y’a de quoi être fière Car quand je chante et quand je rigole C’est que j’me sens bien là dans
ma peau Je fabrique des mots à mon puzzle la tour de Pise

6. Amer

Quand il est trop tôt je file à la dérive Droit vers mon bateau vers le roulis d’eaux vives Je jette mon filet
et je me laisse aller Quand t’es marin tu sais Tu vis pour crever J’ai pêché du hareng Et je m’en suis allé Vers d’autres océans Pêcher en liberté
En résumé ma vie c’est de flotter dans les airs D’être sur pilotis les deux
bras dans la mer Quand il est trop tard Que j’ai vendu mes bulots Comme un vieux briscard La bière elle coule à flot On se raconte la vie Toujours
simplement Quand t’habites ici
Tu vis au gré du vent J’ai fini marée basse Et j’étais démâté Le défaut de ma cuirasse Est de vouloir trop aimer J’ai hissé la grand-voile Et je m’en suis allé Toucher les étoiles pour enfin s’amarrer En résumé ma vie c’est de flotter dans les airs D’être sur pilotis les deux bras Dans la mer

7. La vie, le vent, le vin

Y’a de l’amour sur mon trottoir Mes encombrants sont dans tes yeux Je finirai pas au corbillard Emprisonné du rêve pieux Je crois que j’ai deux jambes Et que j’ai deux bras Des émotions en liberté Faudra donc m’expliquer pourquoi J’ai pas mon bouquet de marié Moi j’aime les hommes Les Kafkaïens Qui comme Verlaine chantent au matin Moi j’aime les hommes La poèterie Et ça t’étonne que la vie, le vent, le vin Toi t’aimes les chevaux c’est ton dada Moi j’aime les mots et l’écriture Ton embellie c’est Fatima Mon cœur à moi bat pour Arthur Je n’ai ni la peste ni le choléra Et ce n’est pas une sinécure D’être un homo ça c’est mon choix C’est pas tatoué sur ma figure Y’a des pays en pourparlers Où règnent la mort, la dictature Il suffit d’un seul baiser, pour voir sa tête dans les ordures mais Moi j’aime les hommes Les Kafkaïens Qui comme Verlaine chantent au matin Moi j’aime les hommes La poèterie Et ça t’étonne que la vie, le vent, le vin aussi

8. ABCDR

Reprenons tous les mots Et mettons des virgules Ressortons nos dicos
La syntaxe elle pullule Relisons nos classiques Et nos figures de style L’alphabet phonétique C’est des rues dans des villes Je mets des coups de tête à la grammaire J’aime l’amour épistolaire Saviez-vous que l’alphabet
Sortons les lettres d’imprimerie Mettons du caractère Et les mots c’est la vie Et la vie c’est la terre Noyons les lettres capitales Et les déclinaisons L’attribut c’est vital
Tout dépend de la question Concordons tous les temps Et mettons des cédilles Le pouvoir des accents
C’est comme une omelette aux morilles Réécrivons l’alphabet Repartons de zéro Vous êtes plus que parfaits
Dans la langue des textos Et avec vos têtes en cartons On fera pas la révolution Apostrophons tous les mots Et rendons leurs leur beauté Quelque soit le niveau Faut toujours tout donner Et on dit ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ Saviez vous que l’alphabet fait
toujours ce qui lui plaît

9. Brûle

Brûle tes ornières Brûle tous tes mots Brûle ta bannière
Et ça brûle mon visage Brûle ta comète Brûle ton bardage
Brûle dans tes yeux Brûle sur ton corps Brûle encore
Brûle tes geysers Brûle mon amphore Brûle dans ma chair
Brûle au bûcher Brûle l’attraction Brûle l’émotion
Et ça brûle dans nos mains Et ça brûle dans nos têtes Allez brûle faut
que ça pète
Brûle Éteins-moi Brûle sous la pluie Brûle ta bougie
Brûle dans tes yeux Brûle sur ton corps Brûle encore

10. Idora

Paroles : Idora – Extrait  du livre « Paroles de détenus »

Ceux qui m’ont enfermées m’ont prit la moitié de moi-même et m’on enterrée dans ce trou où je vivais avant au dehors, dans la nature dans la ville dans l’espace, dans le regard de ceux que j’aime, dans tout ce qui ce passe chez moi..
Oh je sais, il y a des jours comme ça où mon esprit vogue si haut dans les cieux… mais il est toujours actif et je tiens bon.., car il y en a qui tiennent bon pour moi et je tiens bon pour d’autres, pour qu’ils tiennent aussi.
Ils n’enfermeront jamais ma capacité d’aimer ni de lutter, et seule, accompagnée, oubliée ou toujours présente, ils ne feront jamais perdre l’espoir.
Mes fleurs tomberont une a une, peut être me les arracheront-ils ? Mais je garde en moi des milliers de graines qui attendent que cet hiver finisse, que le printemps tant rêvé arrive enfin pour tous.
En plus des rayons lumineux arrivent dans des enveloppes pleines d’amour, d’amitié, de solidarité… mes fleurs tomberont mais moi l’arbre, je serai toujours vivant…