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Au clocher des cigognes

Enregistré à l’Escale, Melun, en Août 2015 par Adrien Rolet et Arnaud Bataillard, chez Lucas en Septembre 2015. Arrangé, mixé et masterisé par Paul Escande.
Un grand merci à Steeve, Mina, l’Action Culturelle de Melun, aux Frères Auvray pour tout (On trouve ça beau), Fabien de Tournelune (Jean),  Zack et sa rampe 14 (Sur la Lune), Grégoire Simon (Braquage, Sur la Lune), Adeline pour la belle maison de Ferrière, à Jean et Anita, à Lucas pour l’auberge et les poules, à JP Pelletier, Eric Jorda pour les guitares, à nos familles et nos amis. 

Loup : Olivier Bob Boullenger

Pour Bénédicte.

1. A grande échelle

Dans l’Abber, dans les Causses
Des paradis errants
Dans la terre, dans le cosmos
Un regard évident
C’est dans les airs dans l’été
Sur les toits dans les tours

Un vent d’Est bien présent redissent nos battements

Magistral
C’est fulgurant
On s’;envole
aux frontières au détour
C’est des couteaux, c’est des épines
On en arrive à les aimer
Il faut toujours se déshabituer
Ne pas s’attacher au matériel
Prendre son envol
Un battement d’aile
C’est dans l’éther dans les fosses
Dans les sables mouvant
Dans l’éclair dans le pathos
Un regard évident
Tombent la colère et la foudre
Cumulus bourgeonnant
Et enfin se résoudre à l’échec évident

Magistral
C’est fulgurant
On s’envole
aux frontières des détours
La misère c’est l’amour
Je vole sans aile
À grande échelle dans les largeurs
Je vole sans elle soif d’avoir peur
J’ai pris mon temps et j’ai appris
Qu’on vole tout seul pour toute une vie
À grande échelle dans les largeurs
Je vole sans elle je n’ai plus peur
Tout en volant j’ai bien compris
Qu’on vole toujours vers l’infini
Je suis cabossé
Je suis peut être perdu
T’es dans le clocher
Bien entendu

2. Sur la lune

À courir à l’envers dans l’espace ça va vite 

t’es toujours tête en l’air t’es ton propre satellite

en béquiller en mob, tu déboules sur le boulevard 

boire des quilles même en stop t’es ta propre trajectoire 

Quand l’appétit  vient sonner, tu te jettes dans sa gueule 

exploser les buffets et toutes ses farandoles 

Un rictus dans tes bottes quand tu dors tu t’appliques à rêver la splendeur des étoiles en orbite 

 

T’es sur le lune 

T’es bien garé 

c’est ta fortune, 

Ta voie lactée 

T’es sur la lune comme un poisson 

Tu brûles, tu brilles, tel un frisson 

T’es sur la lune c’est décidé 

t’es une comète bien égarée 

T’es en fusion 

Toujours perché

Toujours 

 

Ta paire de tiag, ton pento tu t’en fous t’as raison 

à grand coup de pédalo tu  déclenches des typhons 

Ton univers, ton désert, tu t’éclipses à la vie 

Tu crées des tourbillons de lumière dans la nuit 

Dessiner des renards en voir un peu partout 

t’es un grand saint Bernard sauf les soirs ou t’es saoul 

Tu danses pendant des heures, tu rayonnes, tu donnes tout 

Ça balance blues brother entre chien, chat et loup 

 

T’es sur la lune 

Le soleil brille 

T’es sur la lune oublie les aiguilles 

T’es sur la lune 

C’est toujours toi qui décides

T’es sur la lune 

Sur la lune 

Pourvu qu’il y ait la vitesse 

T’es sur la lune 

Vis la vie à l’ivresse 

T’es sur la lune mais comment ne pas l’être 

 

T’es sur le lune 

T’es bien garé

c’est ta fortune, Ta voie lactée 

T’es sur la lune comme un poisson 

Tu brûlés tu brilles, tel un frisson 

T’es sur la lune c’est décidé t’es une comète bien égarée 

T’es en fusion 

Toujours perché

Toujours 

3. Jean

Finalement il est tard sur le trottoir c’est de plus en plus beau

Quand tu passes par hasard c’est bizarre j’ai perdu mes mots

Pour t’écrire, te séduire, t’enlacer au son des tonneaux

Ton sourire mon parloir, ton regard fait trembler ma peau

 

Jean savait rien

J’entends chanter

 

J’en prie, j’empresse, j’encaisse, j’enlace

J’enquête, j’ennuie, jean partout jean Melun 

Jean jean mobile partout

Je sais bien

Qu’on est devenu tabou

 

J’en prie, j’empresse, j’encaisse, j’enlace

J’enquête, j’ennuie, jean partout jean Melun 

Jean jean mobile partout

J’en connaît un j’en connaît plein

 

Nos errances dérisoires de comptoir c’est des tremblements

Étonnante trajectoire d’une histoire le cœur droit devant

On ne compte pas, on ne peux pas, on ne sait pas quitter l’océan 

Naviguer dans le soir du brouillard un jolie moment

Jean voudrait bien

J’en connaît plein

 

J’en prie, j’empresse, j’encaisse, j’enlace

J’enquête, j’ennuie, jean partout jean Melun 

Jean jean mobile partout

 

J’en prie, j’empresse, j’encaisse, j’enlace

J’enquête, j’ennuie, jean partout jean Melun 

Jean jean mobile partout

 

4. Bar Tabac PMU

Des bouts de machins, des bouts de comptoirs

Pour arroser toutes nos histoires

Notre pharmacien c’est le Finistère 

On boit du vin on boit de la bière

Rien à gagner tout est perdu

Quand tout est rond tout est cornu

Vous serez toujours les bienvenue

Tous les tocards, tous les foutus

Des bars tabacs des Pmu

C’est boire du rouge là dans la rue

Pour inventer à chaque instant

Pour se régaler avec les gens qui nous disaient

Quand T’as plus rien qu’c’est la misère

Tu peux te parler autour d’un verre

Au clair du rouge et du Ricard

Chacun sa route et son histoire

Dès que t’es au bord

Dès que t’es perdu

Passes dire bonjour aux inconnus

Vous serez toujours les bienvenue

Tous les zonards, tous les foutus

  

Des bars tabacs des Pmu

C’est boire du rouge là dans la rue

Pour inventer à chaque instant

Pour se régaler avec les gens qui nous disaient

Un verre de blanc

Un café noir pour arroser toutes nos histoires

Tout est perdu

5. Braquage

On a volé du fromage attenté la vertu

 on a masqué nos visages 

déboulonné des statues 

on a crédité le crédit dans l’écrin à couvert 

ouvert la porte au profit, aux prisons, aux fourrières 

avalé sa salive pour monter au créneau 

lessivé sa lessive 

englouti des tonneaux 

on va dégonder des portes, flinguer les courants d’air

 arracher les peaux mortes, sublimer la lumière 

on a toujours avancé en dépit des tapages

nos canons sont chargés

la vie, quoi ! un braquage 

on s’est mangé des marrons, des coups de pelle, des coups de pioche 

débarder l’horizon en mettre un peu dans sa poche 

débroussailler les faubourgs de chiendent et d’orties 

c’est To Die tous les jours 

affiner nos envies 

continuer à chanter aux comptoirs des bistrots 

continuer à targuer dans les bouches de métro 

on va casser tous les murs 

enfumer la poussière, défoncer des serrures pour braquer le tonnerre

on a toujours avancé en dépit des tapages

nos canons sont chargés

la vie, quoi ! un braquage 

6. On trouve ça beau

On a perdu le temps et l’heure

Quand on plonge dans nos nuits

C’est la lune qui nous dévore entre sommeil insomnie

Quand la bascule balance entre l’aurore et la nuit

C’est dans tous les contresens qu’on respire et qu’on vit

On trouve ça beau

Quand toutes les gueules cassées sont carrées dans des ronds

Quand tous les rêves sont brisés 

On fabrique des pontons 

Alors la mer se déchaîne 

On se jette dans son lit 

C’est dans la joie dans la peine dans l’amer on se nourrit

Quand toutes les peaux sont teintées par la lumière des beaux jours 

Rayonnent l’hiver en été, sachez que l’espoir est un four

Quand l’émotion nous traverse, qu’elle se disperse dans nos peaux

Nous bouscule 

Nous renverse

Mais l’amour n’a pas de mot

On trouve ça beau

On trouve ça beau 

Quand passe l’éclair on entrevoit une éclaircie

On trouve ça beau

On trouve ça beau 

Peut-être bien que l’enfer pourrait ressembler au paradis

On trouve ça beau

On trouve ça beau 

Tous les pirates

Tous les estuaires

Aux creux de nos vies

On trouve ça beau

On trouve ça beau 

C’est dans l’embrun que flotte Césaire et Tabarly

7. Les jours tombent

Tout peut tomber un jour, des cerises, des amis 

Foudroyer les contours du périmètre établi, s’écraser, s’effondrer

Quand la vie nous rattrape elle nous prend par la main

Nous tabasse, nous matraque, nous injecte son venin

Valider son ticket

Pour l’autobus de l’enfer ou le train du malheur

Quelque soit la manière c’est ton tour c’est ton heure

De croire en cet amour et d’y croire tous les jours

C’est juste avant que tombe ton cœur au champs des pleurs

Tombent des corps, des batailles, des commémorations 

Tout ce décor c’est de la caille pour engraisser les cochons

Pour fêter des corps gisaient sur les trottoirs 

Tout le monde s’en fout tant qu’y à boire

Tombe dans un verre, une maladie

Tombe la colère et tombe la nuit

Tombent même des bras tombent même des pieds

Prends chaque instant comme une fusée

Pour exister 

Pour résister

Il arrive que des jours tombent

Tout peut tomber un jour, des cerises, des amis 

Foudroyer les contours du périmètre établi, s’écraser, s’effondrer

C’est dans la joie, dans les sourires

C’est dans l’effroi, dans l’avenir

Tout peut tomber un jour, des cerises, des amis 

Foudroyer les contours du périmètre établi, s’écraser, s’effondrer

Pour exister

Pour résister

Il arrive que des jours tombent

 

8. Au détour

Au détroit du sommet de l’immense

Tout est sourd on s’attache à défier la défiance

Tour à tour le manège recommence 

Contre jour de nos vies bienséantes

Battons le tambour contre le froid et la peur

Au carrefour des espoirs brûle toujours une lueur

Incessante, inhérente

C’est des oiseaux libres par tous les temps

Ivres sans faux semblant 

Fiers

Tous les jours quand t’y passes, quand t’y penses

Tout s’essouffle on s’agace à rentrer dans la danse

Au retour les vautours partent en chasse

Tour à tour tout se défausse tout se déplace 

C’est des oiseaux libres par tour les temps

Ivres sans faux semblant

Fiers

Quand les oiseaux chantent par tous les vents 

Chantent sans faux semblant

Fiers

Les contours de la honte se dessinent

Des passes passes faux fuyants on s’affiche en vitrine

Faites demi-tour au frein à main ce n’est pas un jeu

De perdre sa route trouver un chemin d’user ses pneus

Passes le bonjour à la mort plombe ses tuyaux

Au jour le jour on apprend à tomber plus haut

Haut dans les tours

Juste au détour

C’est des oiseaux libres par tour les temps

Ivres sans faux semblant

Fiers pendant longtemps 

Quand les oiseaux chantent par tous les vents 

Chantent au firmament 

Fiers

9. La Menace

Faire bouillir de l’eau
Éviter les cafards

C’est des temples et des motels dans un jade arc-en-ciel

La beauté est dans la rue
C’est un mouvement infini
Vertical et continu
Profiter d’une accalmie
Nos vies s’affairent à espérer
Le chuchotement des châtaigniers
La grande voltige des écureuils
Dans le jardin de nos écueils
Se sentir insulaire
Dans l’ombre des rapaces
Enfin traverser les murs
Et faire courir la menace
Arrosons nos espoirs
Pour franchir des barrières
Arrachons les perchoirs
Et ouvrons les volières
Nos vies s’affairent à espérer
Le chuchotement des châtaigniers
La grande voltige des écureuils
Dans le jardin de nos écueils
Se sentir insulaire
Dans l’ombre des rapaces
Enfin traverser les murs
Et faire courir la menace
C’est tout au fond des amygdales
C’est quand la terre cache ses entrailles
Être un peau rouge sans faire valoir

10. L'isthme